Éclipse : J-3
Gogo négocie sa survie oculaire
La panique de Gogo cette semaine, on la connaissait déjà : apprendre que l'éclipse du 12 août ne sera "que" partielle (95% d'obscuration au Croisic) l'a jeté dans une frénésie d'achats de lunettes certifiées. Ce qu'on ignorait samedi soir, c'est que l'opération allait virer au désastre.
Verdict dimanche matin : sur l'intégralité du stock amassé par Gogo, pas une seule paire n'a survécu. Fissurées, écrasées, methode de rangement discutable — bilan, zéro lunette utilisable, et un Gogo au bord de la crise de nerfs à trois jours du grand jour.
Reste une paire. Une seule, dans tout Le Croisic. Et elle est entre les mains de Kanine, qui l'a sortie sans un mot, sourire en coin, canine pointue bien visible. Sauf qu'elle ne la donne pas : elle négocie. Sa condition est limpide — Gogo cesse, définitivement, de se poser sur les tables de sa terrasse. Plus un atterrissage, plus une miette chapardée, plus une trace de patte sur les nappes.
Gogo a d'abord protesté, invoquant "un droit ancestral d'usage des terrasses côtières". Kanine n'a pas cillé. La négociation, on l'imagine, ne devrait pas s'éterniser : à trois jours de l'éclipse, il n'a plus vraiment le choix.
Reste à savoir s'il tiendra parole une fois les lunettes en poche — ou si la terrasse de Kanine va redevenir, dès mercredi soir, son perchoir favori.