Gogo prend le Croisi'bus
Gogo et le Croisi'bus : la vengeance des corbeaux
Il fallait le voir pour le croire : ce mercredi matin, Gogo, notre goéland le plus dramatique, a fait une entrée fracassante dans le Croisi'bus, ligne Lila Presqu'île. Non pas en volant par-dessus, comme à son habitude, mais bien par la porte avant, comme un passager tout à fait normal. Un événement en soi.
La raison ? Une expédition dans les terres, du côté de Kervalet, où Gogo s'était aventuré pour, selon ses propres mots, "élargir ses horizons culinaires." Mauvaise idée. Corbeaux et pies du coin n'ont pas vu d'un bon œil l'incursion d'un goéland sur leur territoire, et l'affaire a rapidement tourné à la course-poursuite à grands coups de bec et de croassements menaçants. Gogo, plumes en bataille et fierté légèrement entamée, a fini par courir se réfugier au premier arrêt de bus venu.
Rebondissement : la controleuse du minibus, ce n'était autre que Kanine, reconvertie pour l'occasion en inspectrice impassible. Entre deux arrêts demandés et un rond-point négocié sans ciller, elle a eu le temps d'écouter le récit complet de "l'agression la plus injuste de l'histoire aviaire du Croisic", livré par un Gogo encore tremblant, cramponné à la barre jaune comme à une bouée de sauvetage.
Sa réponse, fidèle à elle-même : un simple coup d'œil dans le rétroviseur et un "Assieds-toi, Gogo. Le 30 km/h, c'est pour tout le monde, même pour les drames."
Depuis, on murmure que Gogo envisage sérieusement de renouveler son abonnement de bus plutôt que de risquer une seconde escarmouche avec la gent corvidé. Une reconversion en passager régulier qui, on l'avoue, nous fait sourire.
Illustration générée par Adobe Firefly sur prompt de Stéphane Nédélec